Le patrimoine : ce que devient chaque bien

Le concret, bien par bien
En bref

Rien n’est automatiquement partagé en deux. Le sort d’un bien dépend de trois choses : le régime, le titre de propriété et l’origine des fonds qui l’ont financé.

Un même bien — le logement — n’a pas le même sort selon qu’il est propre à l’un, commun, indivis… ou simplement loué. Le fil conducteur : à qui il revient, à quel prix, et qui compense l’autre.

Trois questions, pour chaque bien

La grille de lecture
Question 1

À qui est-il ?

Propre, commun, indivis — ou loué. C’est le régime et le titre qui répondent, avant tout partage.

Question 2

Payé avec quel argent ?

Un bien commun payé avec de l’argent propre à l’un — un héritage, des économies d’avant le mariage — (ou l’inverse) crée une dette à rééquilibrer : la récompense.

Question 3

Qui le garde ?

Attribution, rachat par soulte, ou vente. Et à quel prix : c’est là que se joue l’équilibre.

Le sort des principaux biens

Selon la situation

Le logement de la famille

S’il est loué : pas de partage, mais l’attribution du bail se tranche. S’il appartient aux deux : attribué à l’un, racheté (soulte) ou vendu. Le juge peut en accorder la jouissance à titre provisoire.

Un autre bien immobilier

Selon le régime et le titre : propre (il reste à son propriétaire, sauf récompense), commun ou indivis (on en sort par rachat ou vente ; le droit de partage s’applique).

L’entreprise

Souvent propre à l’exploitant, mais son financement ou sa plus-value peuvent ouvrir une récompense. Le juge peut mettre les dettes de l’entreprise à la charge de celui qui la conserve.

L’assurance-vie

Selon l’origine des primes et le régime, elle peut rester propre ou donner lieu à récompense. Une nuance décisive.

Comptes & épargne

Un compte reste à son titulaire s’il est propre ; seuls les avoirs communs ou indivis se partagent. Attention aux mouvements suspects avant la séparation.

Les dettes

Le passif commun se partage ; une dette personnelle reste personnelle. En séparation, chacun répond des siennes.

Sortir de l’indivision

Trois voies
Voie 1

Le rachat (soulte)

L’un rachète la part de l’autre : il devient seul propriétaire et verse une soulte égale à la valeur de la part reprise.

Voie 2

La vente

Le bien est vendu ; le prix, une fois les dettes soldées, est partagé entre les indivisaires.

Voie 3

Le maintien

On reste en indivision par convention (durée limitée). Utile le temps que les enfants grandissent, par exemple.

L’indemnité d’occupation

Le poste qu’on oublie
›

Celui qui occupe seul un bien resté indivis en doit une à l’autre, pour la période concernée. Elle se chiffre, se réclame — et s’oublie souvent, au détriment de celui qui est parti.

La sanction du recel

À ne surtout pas tenter
!

Dissimuler un bien ou des fonds pour échapper au partage se paie cher : celui qui recèle est privé de tout droit sur ce qu’il a caché — qui revient entièrement à l’autre.

Questions fréquentes

Qui garde le logement ?

Cela dépend du régime, du titre de propriété et de la situation des enfants. À défaut d’accord, le juge attribue la jouissance, le cas échéant contre une indemnité d’occupation.

Et si le logement est loué ?

Il n’entre pas dans le partage. C’est l’attribution du droit au bail qui se règle — souvent au parent qui garde les enfants — indépendamment du régime.

Un bien acheté avant le mariage est-il partagé ?

En principe non : il reste propre à son acquéreur. Mais si des fonds communs l’ont financé ou amélioré, une récompense peut être due à la communauté.

À quelle date les biens sont-ils évalués ?

À leur valeur au jour le plus proche du partage — pas au jour du divorce. Les améliorations et les plus-values sont prises en compte : attendre peut tout changer.

La prestation compensatoire dépend-elle de la liquidation ?

Oui : elle se fixe au regard du patrimoine de chacun après liquidation, capital et revenus compris. Les deux se pensent ensemble.

Qu’est-ce que la soulte ?

La somme versée par celui qui rachète la part de l’autre, égale à la valeur de cette part. Elle évite la vente et, souvent, le droit de partage.

Un patrimoine à démêler ?Le Cabinet chiffre chaque poste et défend un partage complet et lisible.
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